05 août 2006

My New York Story – Ou comment ne pas céder à la folie quand celle-ci vous promet un billet de retour pour la France.

manoloIL est 21heures à Paris et je préfèrerais être à Paris. Or je suis à New York. A Central Park plus précisément. Ca peut paraître génial mais ça ne l'est pas. Ceci pour plusieurs raisons:

Premièrement, j'ai les pieds en feu.

En effet, alors que mes minelli me lacéraient les pieds depuis bien trop longtemps, je me suis infligée 30 minutes de métro pour aller au fin de fond de Manhattan acheter n'importe quelle paire de chaussure. J'ai jeté mon dévolu sur des sandales qui me semblaient inoffensives et assez jolies: blanches, avec des petits reflets argentés, et surtout pas de lanières mais une bande de plastique qui couvre l'avant du pied et une partie des orteils.

Cependant, j'ai très vite compris qu'elles étaient tout aussi fourbes que les minelli, car, alors que dans le magasin elle ne m'avaient pas attaqué, dès les cents premiers mètres, soit assez pour que je ne puisse plus les ramener et les échanger contre des tongs pacifiques, elles se sont régalées à me mordiller subrepticement le derme jusqu'à la chair, dont semble t-il, et je les en remercient, n'aiment pas le goût.

Puisque ici, dans les pharmacies, ils vendent tout ce qui est possible et imaginable, à la limite de la légalité, auraient-ils des bazookas anti-sandales? Des bombes de chaussuricides? Des extincteurs à godasses? Des scies sauteuses à escarpins?

Bien sûr que non! Car ils sont de mèche!

Alors je me fais une raison. Étant un monstre de contrôle et ne voulant jamais le perdre, je marche tête haute, sourire aux lèvres, le pied léger (si si) alors que je brûle de pousser des hurlements sauvages en les arrachant de mon corps, sangsues dégueulasses, pour les taper violement contre le bitume avec un rire démoniaque jusqu'à ce qu'elles me supplient d'arrêter, me promettant de ne jamais recommencer, de devenir végétariennes.

En attendant une éventuelle perte de contrôle, elles sont là, derrière moi, tapies dans l'ombre, attendant leur prochain repas en salivant d'avance.

Mes pieds n'en finissent plus de pleurer, de cracher leur pus, ils me supplient de ne plus remettre ces liz clairbone bas de gamme. Ils sont prêts me disent-ils à fouler les trottoirs de Manhattan nus. Bien sûr ils ne savent pas de quoi ils parlent, car je ne les ai jamais laissés sortir dévêtus.

Malgré tout je positive. Par exemple, je pourrais très bien me dire que je suis au soleil alors qu'il fait 35°C à l'ombre soit 76°C au soleil, que je rêve de boire mais je n'ai pas d'eau (pour en avoir il faudrait marcher, donc c'est exclu), que je vais mourir de brûlures au troisième degré, mais au lieu de ça, je me dis que la chaleur et les rayons du soleil vont cautériser mes blessures, ce qui me permettra de faire les quelques centaines de mètre qui me séparent de la cinquième avenue sur laquelle je pourrais trouver un taxicab. Pour aller où? Je n'en sais rien… Ce qui m'amène à mon deuxième point..

Je n'ai nulle part où aller.

La vie est dure, life is a bitch.

Je suis en mission pour l'Université René Descartes Paris V pour 18 jours à New York où je dois comprendre la dynamique de protéines fluorescentes en microscopie. Ca claque. Pour peu on m'envierait.

Mais pour qu'on m'envie, il faudrait que je m'abstienne de dire que je dors par-ci par-là, toujours sur des canapés, convertibles ou pas, pauvre de moi qui ai un problème aux cervicales assez gros pour m'empêcher de porter des sacs de fringues, le shopping étant l’unique raison de mon déplacement (envoyez des sioux).

Et bien sur ces canapés, voyez vous, je n' y suis pas la bienvenue. Non, non. 125_20canape

Encore une fois positivons:

Je génère chez mes homologues américaines une jalousie sans borne. Et je les comprend, voyez plutôt.

Tout d'abord, je suis très belle (ou du moins en suis-je persuadée). Ensuite, je suis très drôle ( ou tout au moins je me fais beaucoup rire moi-même) mais aussi très douée dans mon métier (du moins c'est ce que me disent les collégiens quand ils visitent le laboratoire, ou mon chef, mais pour des raisons que je n'étalerais pas ici).

Alors forcément, avoir sous son toit un mélange de Scarlett-Johansson (pour les lèvres), Monica Belluci (pour l'allure), Madonna (pour le look), Einstein (pour la moustache, non pardon, pour l'intelligence), Angelina Jolie (pour le mec qui va avec), Desproges (pour l'humour et définitivement rien d'autre), Bernadette Soubirou (car elle avait tout vu et tout compris avant les autres), la vierge Marie (pour la qualité de ses visites), Gandhi (pour sa propension à la minceur en n'ayant pas l'air d'y toucher), Marilyn Monroe (pour son sex-appeal sans faire exprès), ben ça agace voyez vous.

Alors que cela se sache, je ne resterai pas une minute de plus ici. Ah ben si, car mon billet d'avion c'est pour dimanche prochain. Et en excellent agent que je suis (Austin Power si tu m'entends), je mènerai à bien ma mission.

J'espère que tout cela me fera rire quand sur mon canapé parisien à moi où je suis la bienvenue car il n'est pas doué de parole pour pouvoir dire le contraire, je relirai ces quelques lignes.

Cheers.

EXIT_MANHATTAN

Posté par CherryOnTheCake à 22:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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