02 février 2009
Tribulations
Ooh déménagement.
Départ: Paris
Arrivée: pfiou au moins tout ça.
Là où je suis, les gens ne parlent pas comme nous. Je veux dire, ils disent "ça va" au lieu de "okay".
Comme ça, ça n'en a pas l'air, mais je voudrais vous y voir quand votre patron répond "ça va" quand vous lui demandez s'il a déjà déjeuné. Je ne te demande pas comment tu vas (parce que je m'en bats les paupières à vrai dire) mais si tu as déjà déjeuné, si t'as faim, la dalle, les crocs, si ton estomac se digère de l'intérieur, et pas comment tu te sens, diantre!
Là où je suis, il fait beau. Non mais beau, tout le temps.
C'est lassant le ciel bleu? Pas du tout.
Hier footing au soleil, aujourd'hui pareil et demain encore pareil. Allez savoir.
Le tout, parce que j'ai oublié de le dire, à la mer.
Le cadre, le cadre vu de près j'entends, c'est la mer.
Pas la mer dégueue bleue fadasse, avec la mousse et les algues aromatisées au prussiate, non, non, la mer bleue, turquoise, vert clair, les vaguelettes léchant amoureusement les verres polis et autres coquillages, les reflets sous la lune, Jean-Marc Barr et mio palmo.
On s'en lasserait presque? Non non.
Mais au delà du cadre merveilleux, la vie est toujours faite de grand n'importe quoi, de sac de course plein à craqué de cochonneries qui se perce dans le bus bondé, de peaux de banane judicieusement placées sur mon paillasson, de constats accablants sur l'état du monde, sur le Tibet qui n'en finit pas de saigner, les enfants soldats, les dirigeants au dessus de nos têtes recrutés par retour d'ascenceur pour une sortie de prison de quelques amis, de constat confondant sur le degré d'alcoolémie de Mr Karma lors de l'écriture de notre destin, de célibat au 14ème jour où on n'a pas besoin de pile pour faire tourner le moteur (et là, je sais que suis totalement en phase avec vous, dans la plus grande compréhension mutuelle).
Parce que faut pas déconner, même si il y a la mer et le soleil, on est citoyen du pays de la Loose où on ne l'est pas.
