31 août 2007

Je divague et vous avez l'honneur d'en subir les conséquences

Lettre à un inconnu.

Inconnu à la peau laiteuse.. Ah ne vous y trompez pas, je ne parle pas du prince charmant puisqu'après d'intenses réflexions avec une amie, nous sommes arrivées à la conclusion que je celui n'est plus, feu le prince donc, et que sa dépouille git dans le formol au muséum d'histoire naturelle et que c'est cette salope d'Eve qui se l'est tapée. Non, Inconnu, je sais que tu n'es pas le prince charmant. Car dans la mythologie, celui-ci est parfait, et, Inconnu, tu ne l'es pas; Dieu t'en garde, du reste.

Voyez vous cette lettre est pour un inconnu. J'imagine assez bien qu'il pourrait émettre des doutes sur ma valeur ajoutée : par exemple, si Inconnu tu es littéraire jusqu’au bout des ongles, alors tu douteras certainement de mon aptitude à aligner plusieurs mots pour en faire une phrase qui se tienne, avoir des pensées plus intéressantes que les encarts dans Pif et Hercule, puis aussi d'être capable de t'aimer à toi, bref, il me semble que tu as misé sur moi tout en te disant que sans doute je ne serais pas à la hauteur. J'ai bien l'impression, c'est vrai, que, Inconnu, tu échelonnes les gens, que tu pourrais bien être atteins de snobisme, aussi parce que tu t'en défends, et tu sais, souvent, ça, c'est louche. En tout cas, si vraiment tu as dans l'idée de me mettre un jour, comme un dimanche, à l'épreuve, et que j'ai le malheur pour toi de m'en rendre compte, la première chose que je ferais sera de te remettre à ta place, ou bien de paraître encore plus stupide que tu pourrais l'imaginer, pour surtout être sûre que tu n'obtiennes rien de moi qui puisse te permettre de me connaître, car j'ai une estime de moi-même si grande que je n'admettrais jamais qu'on puisse me dénigrer pour finalement être surpris par une valeur que je pourrais prendre à tes yeux stupéfiés, finalement. Non, moi il faut m'aimer tout de suite ou jamais. Il faut me voir telle que je suis sans se tromper, une erreur sur mon sujet est impardonnable et je ne sais pas pourquoi je suis aussi dure, mais c’est ainsi, et peut être avec l’âge je m’adoucirai.

Je suis prétentieuse, je le sais, mais tu vois, j'ai tellement été seule, que je me suis gardée moi-même comme un petit trésor dont j'étais la seule à profiter puisque les autres semblaient n'y voir qu'une enfant ou adulte écervelée et éparpillée, bref sans aucun sens.

Peut être je n'ai pas de sens, mais peut être que rien n'a de sens, ni la vie, ni les lois, ni la science si exacte.

Peut être que je n'ai pas de cohérence, que mon moi-même n'est qu'un amalgame des environnements dans lesquels j'ai baigné, des gens dont j'ai toujours pris certains de leurs côtés comme une plus value à mon trésor, des idées que j'ai sur les choses et qui sont contradictoires entres elles, que je suis faite des contradictions qu'on a imprimé en moi, en m'aimant mais en me faisant du mal, en ne m'aimant pas mais pourtant en me donnant milles choses que j'ai en moi mais qui ne résonnent pas avec ce que je suis au fond.

Peut être je suis un mélange incohérent mais j'emmerde profondément quiconque qui pensera que je suis cela et que c'est absurde, mais comme disait l'autre, l'absurdité c'est quelque chose qui n'est pas conforme à sa propre réalité et je n'ai pas envie d'être conforme à la réalité triste de la plupart des gens que je croise. Peut être donc qu'effectivement j'ai des Helen Fielding sur mes étagères, que Harry Potter 4 fait la guerre aux Lettres à Miléna, mais vois-tu, Inconnu, cette guerre m'amuse et donne à mes étagères quelque chose qui me réjouit profondément.

Libre donc à toi de venir vers moi confiant, en misant sur moi la même chose que ce que je suis prête à mettre sur le tapis, c'est-à-dire à peu près tout, puisque tu vois, malgré le chemin chaotique sur lequel je me suis bien abîmée, je crois toujours que tout reste possible.

Pour te plaire, ou pour avoir un peu de toi que j'ai hâte de voir, j'ai acheté plein de livres, dont un Proust, puisqu’il me semble que tu aimes Proust.

Alors j'ai acheté Du côté de chez Swann. J'ai avalé les trente première pages et je comprends qu'il ait pu être encensé, adoré, et placé dans la catégorie ultra selecte des chefs d'œuvres phares d'un siècle tout entier.

J'ai aussi commencé La contrebasse de Suskind, pour comprendre et avoir une parcelle de mon ami Philippe, qui aime beaucoup ce monologue.

J'ai dévoré toute la nuit Le parfum, du même auteur, en réalisant qu'il s'agissait de l'histoire d'un sombre meurtrier fou j'ai bien failli arrêter la lecture, car j'ai l'âme fragile et je rentre si fortement dans les histoires, qu'ensuite elles viennent longtemps me perturber, jusqu'à se mêler à ma réalité, qui n'en est donc plus une; mais Grenouille est talentueux et c'est formidable à lire, donc je continue, et reste désarmée face à mon appétit de lire qui me laisse à 2h du matin pleine de remords, car voyant l'heure si tardive je sais que je ne serais pas en mesure de me lever de bonne heure le lendemain pour travailler, puisque je n'ai pas de volonté pour lutter contre les bonnes choses, même si je risque les foudres de nombreuses personnes, notamment un jury de thèse qui me demandera ce que j'ai bien pu faire des journées précédentes, certainement pas travailler au vu de la mauvaise qualité des réponses que je donne à leurs questions.

Dans ma réalité, je leur raconterais Grenouille, les particules d'odeur, je leur raconterais les parfums et alors ils seraient captivés et s'excuseraient de leur remontrance stupide, due simplement à leur ignorance, qu'un tel roman pouvait exister, et moi de leur promettre de leur faire parvenir un exemplaire au plus tôt.

Tu vois, aussi, je sais que ma manière d'écrire est médiocre, que mes phrases ne sont pas harmonieuses, que tu serais certainement dépité en les lisant, que j'ai l'air d'utiliser des mots compliqués pour essayer de te prouver que je ne suis pas ignare, alors que simplement imaginer que je puisse moi aussi aimer fort les mots te semble impossible.

J'écris peu, je lis peu. Du coup je fais des fautes.

Je n'ai pas de mémoire pour les dates et les gens qui ont fait l'histoire du monde, j'aime pourtant l'Histoire, mais je ne me souviens pas toujours de ce que j'apprends, car aussitôt après que j’en ai acquis la connaissance, je vois de nouvelles choses, et je délaisse alors ce que je connais déjà.

Sans doute, une chose que tu sais faire, et moi pas, c'est tirer un plaisir personnel à la lecture. Je suis passive par rapport aux livres, c'est eux qui viennent me peupler et qui font ce que bon leur semble en mon intérieur, et qui en partent quand ils sont vivement poussés en dehors par les nouveaux arrivant. Je suis donc au spectacle, la scène c'est ce que je vois les yeux fermés ou quand je ne vois plus ce qui m'entoure, quand les images procurées par les livres viennent effacer ce qui se trouve autour de moi, et ce spectacle me ravie mais n'est que de courte durée, puisqu'aussitôt le rideau baissé il se rouvre et ne me laisse pas le temps de la réflexion sur le dernier acte par exemple.  Les jours ne sont pas assez long et la vie de même, et comme je préfère les images aux sons et aux mots, je préfère peindre, regarder des films, des peintures. Tu vois j'aime les images, comme les enfants. Je ne suis pas grand-chose, et je m'éteindrai un jour et le monde s'en remettra largement mais en attendant je coule des jours paisibles, je fais en sorte que mes journées soient agréables, empreintes de la magie que je veux bien imaginer dans toutes choses, que mes journées me satisfassent, qu'elles m'apportent du temps pour répondre aux questions que je me pose, réponses qui ne serviront qu'à moi-même et qu'à apprécier encore plus mon existence, qui prend un sens dans la mesure où je comprends ce et ceux qui m'entourent. Quand on comprend sans doute on est rassuré car tout reste bien cohérent, et que rien ne nous échappe. Je ne sais pas. Peut être il ne vaut mieux pas répondre à toutes les interrogations, comme cette dernière car au final on se retrouve en désagréable position.

Posté par CherryOnTheCake à 21:28 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Je divague et vous avez l'honneur d'en subir les conséquences

    je lis en diagonale car je susi une grossae faignasse donc peut etre ca n a aucun rapport avce ton texte!! mais ton titre me fait penser a qqc: as tu lu lettre à un jeune poete de Rilke c'est un texte touchant et poetique qui reste gravé plus qu'on ne l'imagine lorsqu on le lit, voila bisous un peu de lecture agréable allegéra peut etre ton stress.. bisous et bonne fin de these...

    Posté par juju, 13 septembre 2007 à 09:55 | | Répondre
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